Claude NICOLET

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Droit de voteVendredi 12 avril lors de la séance plénière, une motion déposée par le groupe Eurpe Ecologie les Verts sur le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, a fait l'objet de longs débats. Le MRC s'y est opposé. Voici mon intervention.

Monsier le Président,

Je souhaite tout d'abord vous annoncer à l'occasion de cette explication de vote, que les élus du Mouvement Républicain et Citoyen ne voteront pas cette motion.

Je vais essayé d'articuler mon propos et ma démonstration en m'appuyant sur deux grands penseurs. Tout d'abord Jean Jaurès qui disait "qu'un peu d'internationalisme éloigne de la Patrie, et que beaucoup y ramène". Ensuite sur Ernest Renan et sa célèbre conférence qu'il a donné à la Sorbonne le 11 mars 1882 et qui est restée dans l'histoire sous le titre: "Qu'est-ce qu'une nation?" Et la réponse, la synthèse de cette réflexion est condensée dans la réponse: "c'est un plébiscite de chaque jour". Aujourd'hui nous pourrions dire un référendum.

Qu'est-ce que cela veut dire? Que pour participer à ce "plébiscite" il faut être citoyen à part entière. Condition nécessaire pour être de la "communauté nationale" et avoir sa part dans la définition de la nation et à la prise en charge de son destin.

Car la nation française est une nation politique, qui refuse toute définition ethnique, qui refuse tout communautarisme. C'est le sens même de la République. La citoyenneté ne peut se découper en tranche. Dans notre organisation politique la citoyenneté et la nationalité sont inséparables. C'est probablement pour cette raison que tous les gouvernements se sont cassés les dents sur cette réforme et que François Hollande, fort justement à décider d'y surseoir.

De plus, l'argument que j'ai entendu concernant une meilleure capacité à s'exprimer, ne tient pas une seconde. Quiconque en France peut totalement s'exprimer sur notre territoire. La liberté d'expression est reconnue à chacun d'entre-nous, que l'on soit citoyen français ou étranger.

De la même façon on confond démocratie sociale et politique. Les étrangers peuvent accéder à tous les droits sociaux dès lors qu'ils s'inscrivent dans le monde du travail, syndical ou associatif. On ne peut lier l'impôt à la citoyenneté sinon c'est le retour du scrutin censitaire.

En réalité on mélange tout par manque de réflexion: démocratie, citoyenneté, liberté, nation, Etat, Patrie...Tout comme l'illustration qui a été faite en appui à cette motion de la "Marche de l'Egalité" des années 80. Ce n'était en aucun cas pour revendiquer une citoyenneté de seconde zone ou une "citoyenneté locale" qui n'existe pas, mais bel et bien pour réclamer une citoyenneté pleine et entière dans le cadre de la Nation et la reconnaissance de la dignité qui l'accompagne. En revanche, nous sommes favorables à une grande et généreuse politique d'accès à la nationalité française, donc à la citoyenneté.

Alors que la France traverse une très grave crise, plus que jamais elle doit être rassemblée. Nous engager dans une telle voie ne peut être qu'une source d'affaiblissement et de danger. Le MRC votera "contre".