Claude NICOLET

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Blocage A16Communiqué de presse du MRC Dunkerque-Littoral.

Jour après jour, la crise migratoire sur le littoral de la Côte d'Opale prend une tournure sans cesse plus inquiétante. Comme il était prévisible, le nombre de migrants et de réfugiés qui souhaitent d'abord et avant tout rejoindre la Grande Bretagne, augmente jusqu'à atteindre plus de 10 000 personnes selon certaines sources, sur la "jungle" de Calais.

L'exaspération des habitants et des acteurs économiques de la région et du calaisis en particulier est compréhensible. Voilà en réalité plus de vingt cinq ans qu'ils supportent une situation dont ils sont également victimes. Après dix ans d'existence du centre de Sangatte, il faut rajouter quinze ans depuis son démentellement et l'apparition de la jungle avec toutes les détresses humaines qui l'accompagnent. Il faut saluer l'infini patience des habitants de la Côte d'Opale et des Calaisiens. On ne compte plus les actes de solidarité qui sont à porter à l'honneur d'une population vivant sur un territoire qui compte parmi les plus touchés en France par la crise économique, le chômage et les difficultés sociales.

Aujourd'hui la situation de désordre et d'exaspération franchit un nouveau cap. Dès demain, lundi 05 septembre et pour une durée indéterminée, l'autoroute A16 sera bloquée à partir de Dunkerque et de Boulogne-sur-Mer pour se cristaliser sur Calais. Entreprises de transports et routiers ne supportent plus à juste titre les "prises d'assauts" quasi quotidiennes. Chefs d'entreprises et salariés ne cachent plus leurs ras-le-bol. Les commerçants ne supportent plus la situation de leur ville, jusqu'aux agriculteurs qui voient leurs champs saccagés et leurs arbres abattus. Il faut appeler un chat un chat, aujourd'hui, pour beaucoup c'est leur outil de travail et leur gagne pain qui sont en danger.

Sans parler des usagers de l'A16 qui l'empruntent pour leur travail et qui se voient parfois pris pour cibles ayant la malchance d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Voiture dégradée, accident, traumatismes psychologiques, peur...

Cet axe autoroutier est essentiel pour notre dévelopement économique, qu'il s'agisse du port de Boulogne-sur-Mer de Dunkerque et bien sûr de Calais. Il est donc indispensable qu'il soit mis un terme à cette situation. L'ensemble du préjudice est déjà colossal y compris en terme financier, nous en sommes tous conscients et le MRC se félicite des déclarations faites par Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur annonçants le démentellement de la "jungle" de Calais. C'est une excellente nouvelle.

Encore faut-il que des solutions pérennes et stables soient proposées aux réfugiés, l'éparpillement dans la nature serait la pire des solutions.

1) Il faudra qu'ils se répartissent sur l'ensemble du territoire national avec comme condition incontournable de renoncer au dépard en Grande Bretagne au risque de  l'expulsion pure et simple vers le pays d'origine. N'ayons pas peur des mots, il faudra que le Royaume Uni remette la main au porte-feuille.

2) Par ailleurs le démentellement de Calais doit s'accompagner si possible dans le même temps de celui du camp de la Linière de Grande-Synthe pour éviter un effet de vase communiquant qui serait totalement ingérable sur le dunkerquois.

Si ces conditions ne pas dans la proposition de réglement de la situation, alors il y a fort à parier que le problème sera à nouveau le même dans quelques mois. Il faut avoir le courage de le dire, il faudra faire preuve de fermeté pour que cette solution ai une chance d'aboutir.

Nous savons que Bernard Cazeneuve ne manque ni de sang frois ni de fermeté. Sa tâche est difficle, dans une période où la France est menacée sur tous les fronts, mais il sait que la population dans son ensemble est à bout, que les forces de l'ordre dont il faut saluer le courage et le professionnalisme (1800 personnels plus 200 annoncés) sont épuisées ainsi que les fonctionnaires de la DIR exposés chaque nuit aux dangers du déblaiement de l'autoroute.

Ensuite, il faudra empêcher tout nouveau regroupement pour éviter le renouveau d'une situation que personne ne veut voir dégénérer.

Claude NICOLET

Secrétaire du MRC Dunkerque-Littoral

Premier secrétaire du MRC Nord

Secrétaire national du MRC